Trente-neuf départements
étaient encore en vigilance orange "grand froid" lundi matin 6
février à 6 heures. Il s'agit des Régions Alsace,
Auvergne, Bourgogne, Champagne-Ardenne, Franche-Comté, Limousin,
Lorraine, Rhône-Alpes et des départements de l'Aisne, des
Hautes-Alpes, de l'Aveyron, de la Lozère, du Nord et du Tarn.
Dans le reste de l'Europe, la vague de froid a eu des
conséquences graves : environ 300 personnes sont mortes sur
l'ensemble du continent, particulièrement dans l'Est. L'Ukraine
et la Pologne sont les plus touchées.
En France, sur l'ensemble des départements
placés en vigilance "grand froid", les températures
restent négatives lundi au petit matin, oscillant entre –
9 et – 15 °C et parfois moins avec quelques records :
-17.2° de température minimale à Châteaudun ce
matin, ancien record mensuel : -15.8° le 25 février 1986,
depuis 1953 ; Record annuel à Brive (mais la station a
été ouverte en 1987) avec -16°4 (ancien record :
-13°4 le 24 décembre 2001). Un vent d'est glacial continuait
à balayer ces régions, même s'il s'est affaibli par
rapport aux jours précédents. Au cours de la
journée de lundi, les températures resteront
négatives dans ces départements. Les valeurs maximales
seront généralement comprises entre – 3 et –
7 °C en plaine avec toujours un vent de nord-est qui renforcera la
sensation de froid. La nuit de lundi à mardi sera de nouveau
très froide, justifiant la poursuite de la vigilance orange.
Cette situation se poursuivra pendant quelques jours. Le seuil d'alerte
aux particules fines devrait être dépassé lundi en
Ile-de-France. La préfecture de police de Paris a donc
"recommandé" aux Franciliens de baisser leur chauffage à
18 °C, de réduire la vitesse sur route, de différer
leurs déplacements ou d'utiliser les transports en commun.
Dans le reste de l'Europe, le pays le plus touché par le froid
et les chutes de neige est l'Ukraine. Dimanche, le bilan
s'élevait à cent trente et un morts, et près de
deux mille personnes avaient été hospitalisées
pour des affections ou blessures liées au froid. Les postes de
secours d'urgence ont accueilli plus de soixante-quinze mille personnes
ces derniers jours alors que les températures chutaient parfois
jusqu'à – 30 °C. La plupart des victimes sont des
sans-abri dont le corps a été retrouvé dans les
rues ou sur les pas de porte.
En Pologne, neuf personnes sont mortes dans la nuit, portant le bilan
à plus de soixante victimes. Exceptionnellement, le premier
ministre, Donald Tusk, a demandé aux responsables locaux
d'autoriser les personnes en état d'ébriété
à dormir dans les foyers. En Bosnie, la capitale Sarajevo est
paralysée par des chutes de neige de plus de deux mètres,
et un état d'urgence a été déclaré.
Le froid a également fait plus des dizaines de morts en
Roumanie, en Serbie, en Lituanie, en Lettonie, en République
Tchèque, ou encore en Bulgarie, où il a tué des
villageois découverts gelés au bord de routes ou dans
leurs maisons dépourvues de chauffage.
En Roumanie, les brise-glace fendent un Danube qui était
gelé samedi à 80% dans le pays.
En Italie, où le bilan atteint seize morts, le chaos que la
neige a causé à Rome, où l'approvisionnement dans
les magasins vient à manquer en raison des problèmes de
circulation, a déjà des conséquences politiques :
les autorités locales et gouvernementales s'accusent
mutuellement de ne pas avoir été à la hauteur.
Dans plusieurs villes italiennes, les habitants dévalisaient les
épiceries pour constituer des stocks tandis que l'armée
italienne était mise à contribution pour tenter de
déneiger les villes, des centaines de personnes ont à
nouveau passé la nuit bloquées dans des trains.
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